Actualités

Quelques liens:
-le site de Paul Courbon: http://www.chroniques-souterraines.fr/
-le fichier des cavités du VAR:
http://www.fichiertopo.fr/
Cavités classiques
Les cavités classiques sont des cavités équipées au niveau amarrages (broche). Elles sont "grand public spéléo".
Liste des cavités classiques du département.
Statistiques du département
970 entrées
932 cavités
71 communes couvertes
38 881 m de galeries
4 257 documents
Dernières mises à jour
05/11 Les Brailles (entrée artificielle)
05/11 BRAILLES
01/11 SAINT-MICHEL D'EAU DOUCE
16/10 GRAND GARAGAI
07/10 VAUQUARESSE
07/10 VAUQUARESSE
23/09 JONQUIER, grotte du
23/09 JONQUIER, grotte du
23/09 REGADZI 1
16/09 Grotte des Cristaux
16/09 REGADZI 1
16/09 Grotte des Cristaux
16/09 grotte de Corbières
16/09 grotte de Corbières
05/07 MINE - de la route de Saint-Pierre
03/07 ARPIAN
03/07 FÉES
24/06 Baumes de Vernègues
24/06 Baumes de Vernègues
24/06 CASTELLAS, grotte du
24/06 CASTELLAS, grotte du
24/06 REGADZI 2
24/06 galerie drainante
24/06 REGADZI 2
24/06 galerie drainante
12/06 TRIONE N° 1
06/06 ENCANAUX
03/06 REGADZI 3
03/06 REGADZI 5, baume
03/06 REGADZI 3
Bouches du Rhône : carte du découpage en secteur du département
Renseignements

http://www.cdsc13.fr
https://www.facebook.com/Cdsc13-sp%C3%A9l%C3%A9os-et-canyonistes-du-13-1807670339490914
Le comité est l'organisme déconcentré départemental de la Fédération française de spéléologie. C'est une association loi 1901 compétente pour toute activité en milieu souterrain (naturel ou artificiel). Notre pratique sportive est au service de la découverte et de la protection d'un milieu encore peu connu.

Ainsi l'exploration et la découverte des cavités et canyons sont des moyens pour mieux connaitre les réserves d'eau souterraine, la géologie et toute une faune extrêmement adapté. Ce sont aussi des supports pédagogiques inépuisables en direction des jeunes et des publics spécifiques.

Nos fédérés sont des experts référents pour toute activité de documentation du milieu : topographie, photographie, mesures hydrogéologiques, géomorphologie, prélèvements biologiques, comptages de chiroptères... Nous travaillons en collaboration avec les spécialistes académiques ou associatifs concernés.  

De plus, par conventionnement avec la préfecture des Bouches-du-Rhône, nous sommes gestionnaires du secours en milieu souterrain.

Vous pouvez nous contacter grâce aux coordonnées suivantes :

Comité départemental de spéléologie et de canyonisme des Bouches-du-Rhône

415 Avenue des Templiers
ZA de Napollon
13400 Aubagne

Téléphone:
mobile: 06 79 43 88 32

INVENTAIRE DES CAVITES DES BOUCHES DU RHONE

TEXTE ISSU DE LA VERSION DU 31-12-2002


Un accouchement tardif et difficile

 

En des temps où il est question de mondialisation, un pareil document, si spécialisé, si régionaliste, si peu médiatique comme il se dit, peut paraître désuet, démodé, hors circuit. De plus, comparativement à d’autres départements à priori spéléologiquement favorisés, les Bouches du Rhône paraissent bien pauvres. Mais, loin de pareilles considérations, il nous semblait important après plus d’un siècle d’explorations, de faire le point de nos connaissances sur le monde souterrain départemental. Notre terrain d’activités est notre patrimoine à tous, et nous nous devions d’en faire son état.

 Ce travail considérable a été réalisé par de nombreux spéléologues bénévoles s’usant un à un devant l’ampleur de la tâche. Le poids de l’histoire spéléologique de notre département a rendu cette parution tardive et difficile. Deux grands regrets : d’abord, tous les travaux restés au stade de souvenirs déjà tombés ou à tomber dans l’oubli définitif sans trace écrite, et ensuite, la grande absence de topographie.

 Bien qu’incomplet et imparfait, ce document est plutôt un pré-inventaire qui a  le devoir d’évoluer. Maintenant, il appartient à chacun d’entre nous d’améliorer cet outil en corrigeant ses imperfections, en complétant les données, en recensant les nouvelles cavités et en tenant à jour  les évolutions. Pour nous spéléologues et amoureux de notre Provence, cet inventaire sera le point de départ de nouvelles recherches plus méthodiques et par conséquent de nouvelles découvertes à venir.

Christian Mistre, Commission Fichier

 

Remerciements

 

Abrachy Michel

Saisie informatique

A.S.S.E.

Catino Raymond

Etoile

G.S.P.

Decrescenzo Serge

Sainte-Baume

S.C. Cuges

Demaison Antoine

Alpilles

S.C. Arles

Doublet Christian

Sainte Baume

Indiv.Auriol

Fait Jean Carlo

Bassin du Beausset

S.C. La Ciotat

Garaud Patrick

Etoile-Garlaban

S.R.A.

Garguilo Henri

Bibliographie Spéléopérations

S.C.M.-C.A.F. Marseille

Hachet Maurice

Estaque-Nerthe

Spéléolus

Honoré Rémy

Bibliographie C.D.S.

G.S.P.

Laugier Jean Paul

Nord BdR

M.J.C. Salon

Méarelli Pascal

Assistance informatique

S.C.M.-C.A.F. Marseille

Mistre Christian

St Cyr-Carpiagne, Puget, synthèse

G.S.E.M.

Monteau Raymond

Marseilleveyre, géologie

G.S.P.

Parnet Patrick

Arbois, Eguilles-Fare

S.C.A.M.

Pourchier Joël

Garlaban

M.J.C. Aubagne

Renon Thierry et Gérard

Estaque-Nerthe

M.J.C. Martigues

Salone Jean Jacques

Assistance informatique

S.C.M.-C.A.F. Marseille

Saunier Thierry

Nord BdR, Estaque-Nerthe

Spéléolus

Simian Etienne

Assistance informatique

S.C.Arles

Stéfanini René

Archives U.F.S.

G.S.P.

Vallée Richard

Sainte Victoire

C.A.F. Aix

 

Nos excuses à tous ceux que nous avons certainement oublié et un très grand merci à tous ceux qui ont publié leurs travaux.


GENERALITES

 

Des paysages remarquables face à l’urbanisation 

 Le département des Bouches du Rhône est le plus « défavorisé » du sud-est sur le plan spéléologique. En effet, sur plus de 5000 km² de superficie totale, les immenses plaines alluviales du delta du Rhône en occupent une grande partie.

 Hormis quelques massifs isolés, les reliefs montagneux sont situés à l’Est du département. D’altitudes moyennes (point culminant 1042 m au Pic de Bartagne), ils sont fort heureusement tous constitués de calcaire. Ce calcaire, souvent à faciès urgonien, est soumis à une tectonique complexe. Il affleure en cassures franches où ombres et lumières vives contrastent fortement sous le bleu intense du ciel.

 Le climat et l’attraction procurée par les paysages font croître la valeur du territoire. La pression foncière et la densité de population tendent à grignoter les espaces sauvages par une urbanisation galopante. Villas, lotissements, ZUP, ZAC, et autres ZI poussent à vue d’œil. Elles font disparaître parfois des cavités recensées, et leurs clôtures en empêchent de plus en plus l’accès. De même, issus des erreurs de la présence humaine, les incendies ravagent le couvert végétal, et confèrent à ces paysages un aspect de plus en plus désertique.

   Malgré tout, le charme de cette région s’exercera encore longtemps. Maintes fois décrit par les auteurs, il ne réside pas dans la douceur des formes ni dans celle des couleurs, mais au contraire dans ses contrastes et son agressivité dans lesquels tout provençal se surprend toujours à s’émouvoir.

 

Une basse Provence calcaire et tectonique

  Hormis quelques cavités, le département des Bouches du Rhône ne constitue pas, à priori, une région où les activités spéléologiques peuvent être très importantes pour les sportifs. En effet, peu de grands gouffres ou grottes se développent dans les massifs calcaires qui s’y dressent. Par contre, les recherches hydrogéologiques, géomorphologiques et karstologiques y sont privilégiées grâce à la diversité géographique des reliefs, aux conditions géologiques et structurales très particulières de la tectogénèse provençale, et aux phénomènes karstiques anciens qui ont marqué la région sous les climats méditerranéens si particuliers.

 Entre Provence cristalline à l’est et Provence des plaines rhodaniennes aux limites précises à l’ouest, la « basse Provence calcaire » constitue, du rebord oriental de la Crau aux reliefs qui dominent la dépression permienne, un ensemble hétérogène et difficile à diviser.

 L’essentiel des aspects morphologiques de la basse Provence calcaire est dû principalement à des conditions structurales : puissance des séries calcaires ou dolomitiques, et tectoniques extrêmement vigoureuses (grands chevauchements, déplacements tangentiels importants) Les ensembles montagneux sont appelés massifs, les lignes de reliefs, liées au plissement E-W régional, sont nommées chaînes.

 Du sud au nord se succèdent des bassins et des reliefs montagneux dont les structures présentent des axes sensiblement E-W. Au sud, le Bassin du Beausset, auréole de crétacé supérieur à cheval sur les Bouches du Rhône et le Var, présente un ensemble de cuestas d’une grande originalité et marque le littoral par les falaises de Canaille, Soubeyran et Bec de l’Aigle. On y trouve de belles cavités, entre autre la grotte du Draioun, une des plus importantes du département.

 Les chaînes et plateaux sud marseillais correspondent structuralement à l’auréole externe du Bassin du Beausset, comprenant les assises du crétacé inférieur et du jurassique ; il s’agit d’est en ouest des massifs du Douard, de Saint Cyr, de Carpiagne, de Puget (les Calanques), du massif de Marseilleveyre et des îles associées (Archipel de Riou et du Frioul)

Sauf Carpiagne, l’Urgonien récifal domine sur l’ensemble de ces massifs. La structure monoclinale inclinée vers le sud et le sud-ouest, baigne le littoral karstique des Calanques marseillaises. Plusieurs types de cavités y sont présentent : les cavités verticales (Gouffre des Quatre Trous –173 m, Trionne –152 m, Gorguette –130 m) et les résurgences sous-marines (résurgence de Port Miou et du Bestouan, toutes deux plongées sur plus de 2 Km de longueur) qui posent des problèmes passionnants tant sur le plan scientifique que sur le plan de l’exploration. Le paléokarst du massif de Marseilleveyre et des îles est remarquable par son originalité (types de remplissages indurés et tectonisés). De plus, une très grande partie de ces reliefs karstiques se trouvant sous la mer, est de ce fait encore peu étudiée.

 L’ensemble de ces « massifs marseillais » limite au sud le bassin oligocène de Marseille-Aubagne, tandis qu’au nord, ce bassin est limité par une chaîne continue constituée d’Ouest en Est par les massifs de la Nerthe, de l’Etoile (781 m), du Garlaban (711 m). Cette barrière rocheuse se complète à l’est par les massifs du Régagnas, de l’Olympe et de l’Aurélien (875 m) Elle constitue un ensemble presque continu de 70 Km de long qui domine au nord le « bassin de l’Arc ». Malgré l’aspect spectaculaire de ses belles masses calcaires on y trouve peu de cavités importantes. La grotte Loubière, longtemps aménagée, est la plus connue avec un développement de 250 m.

 Une série de reliefs constitue la limite nord du bassin de l’Arc. A l’Ouest le chaînon de la Fare qui est interrompu par le bassin tertiaire d’Aix en Provence, est relayé à l’Est par les vigoureux reliefs du massif de Sainte Victoire dont la terminaison vers l’est est assurée par le Plateau de Pourrières qui ferme le bassin de l’Arc aux environs de Saint Maximin. Le massif de Sainte Victoire dresse sa crête à prés de 1000 m sur 6 Km de long. Mais l’altitude des plateaux avoisinants ne dépasse qu’exceptionnellement 600 m : crêtes des Sambuques et du Concors. Le massif possède un réel potentiel karstique, de nombreux « garagais » y ont été explorés avec parfois de grands vides remarquables. Situées entre le Rhône, la Durance et la Plaine de la Crau, s’allongent les chaînes des Alpilles et des Costes/Trévaresse (400 m) sur une quarantaine de Km Peu de cavités, la plus importante, le Grand Ventur n’a que 37 m de profondeur.

 Aux confins Est du département, le Plateau de Bèdes (Vautubière) domine la Durance de plus de 200 m, à la cluse de Mirabeau. Les couches calcaires jurassiques très redressées ont permis la formation de l’aven de l’Adaouste, creusé à la faveur des plans de strates ; c’est depuis longtemps la cavité probablement la plus profonde du département –190 m.

 Le massif de la Sainte Baume constitue l’ensemble montagneux le plus important de la Basse Provence calcaire. Il mesure 29 km en longueur d’Ouest en Est, de Gémenos à la Roquebrussane dans le Var. La crête de la chaîne proprement dite avoisine 1000 m sur 11.5 km (1147 m au Signal des Béguines). Les poljés du Plan d’Aups au nord et celui de Cuges les Pins au sud, sont les phénomènes karstiques extérieurs les plus caractéristiques. Ce château d’eau possède de nombreux gouffres et grottes qui ont un grand développement (gouffre des Encanaux 1600 m, résurgence des Brailles 1000 m, Tourne de Saint-Pons 550 m, et autres cavités coté Var)

 Chaînes et plateaux de basse Provence sont pour l’essentiel, constitués de calcaires et de dolomies du Jurassique et du Crétacé supérieur, pouvant représenter plus d’un millier de mètres de sédiments, formés de carbonates susceptibles d’évolution karstique. Une statistique sur l’ensemble des cavités inventoriées dans les Bouches du Rhône montre que ces masses calcaires sont effectivement karstifiées, avec 42 % des cavités dans le Crétacé inférieur (Valanginien, Hauterivien, Barrémien), 32 % dans le Jurassique supérieur (Kimméridjien, Portlandien), 23 % dans le Crétacé supérieur (Cénomanien, Turonien), 2 % pour les Jurassique moyen, 0,6 % pour le Jurassique inférieur, 0,6 % pour le Miocène, et 0,1 % pour le Trias.

 Il existe outre les cavités souterraines, de nombreux phénomènes karstiques subaériens : champs de lapiés géants (crête du Douard), dépressions fermées (Poljé de Cuges, Plan d’Aups), canyons, vallées sèches, résurgences vauclusiennes et sous-marines, poches karstiques, paléokarst. Toutes ces formes témoignent d’une évolution morphologique ancienne, où les phénomènes de fossilisations et d’exhumations des formes karstiques ont plusieurs fois fonctionné, et où les recherches qui s’avèrent fort complexes en deviennent plus attachantes.

 

Des explorations de longue date

 

Bien avant notre ère les grottes de nos massifs étaient déjà occupées par l’homme de la préhistoire. Le paysage est alors très différent de l’actuel (relief, flore, faune, climat, niveau de la mer). Au Paléolithique des familles ou des clans isolés, vivant de pêche, de chasse et de cueillette s’y abritent et abandonnent ossements, coquillages, et autres débris de repas (Nerthe, Marseilleveyre). Poussé par son processus d’évolution et de socialisation (rituels initiatiques, expression artistique) l’homme s’aventure plus profondément dans les grottes, et s’y adonne à des peintures et gravures (grotte Cosquer). Plus tard, au Néolithique, après de grandes glaciations, le redoux climatique et l’apprentissage de l’agriculture et de l’élevage révolutionnent les modes de vie. L’homme devient sédentaire, et s’adonne à la poterie pour y stocker ses productions (grotte Loubière, etc). La démographie explose, les cavernes sont exigues, et le besoin de terre cultivable fait quitter les grottes des hauteurs pour un habitat de cabanes en plaines. L’homme n’est déjà plus un être vivant comme les autres. Les grottes jadis habitées par leurs ancêtres servent alors de lieux de rites et d’inhumation des défunts (grottes de Onze Heures, des Morts, de Terrevaine). Ces débuts de suffisance et d’acquisition de propriétés entraînent rivalités, convoitises, premières guerres et grandes migrations humaines, plus ou moins sanglantes. Baptisées «Celto-ligures», les populations locales sont issues du métissage de tribus d’origines  méditerranéennes avec des envahisseurs venant du Nord. Les produits des industries des métaux de l’âge du bronze et du fer sont marchandés avec les premiers comptoirs grecs de négoce. Les villages se retirent vers les hauteurs dans les oppidum et castellas (Constantine) pour se protéger des nombreuses invasions successives (mauresques, celtes, etc.) plus ou moins maîtrisées par la domination pacifique et commerciale des romains. Les grottes servent encore d’abri  en ces temps instables, ainsi qu’au dépôt d’urnes funéraires (gouffre du Columbarium).

 

Au V° siècle, le Christianisme n’est plus interdit, et  seul un élan religieux peut prétendre pacifier les rivalités tribales liées à la chute  de l’Empire Romain. La Provence devient le berceau brillant du Christianisme. Dès son arrivée à Marseille en l’an 414, Jean Cassien fonde l’Abbaye de St Victor qui rayonne ensuite sur toute la région. Cette intense activité religieuse (plus de 5000 religieux recensé dans la vallée de l’Huveaune par exemple) laissera une toponymie des villages nettement marquée et la fonction des grottes comme lieux de culte, de retraite et d’ermitage ( St Ser, St Michel d’eau douce, l’Ermite, St Eucher etc.) Plus tard, elles servent de repères lors des tentatives d’invasions maures. Le Moyen Age avec ses conflits incessants voit le retour des familles pour s’y réfugier. De véritables habitats troglodytiques s’y bâtissent (grottes de Calès). Par  la suite et ce jusqu’au XVIII° siècle, elles servent encore et toujours d’abris aux brigands locaux (grotte des Voleurs), aux contrebandiers (grotte des Faux Monnayeurs), aux royalistes pourchassés par les révolutionnaires de 1789 (grotte des Espagnols), aux pestiférés rejetés ou en quarantaine de diverses époques (grottes du vallon des Cardes, et des Pestiférés). On retrouve aussi dans la littérature la fonction de lieu de sabbat au XV° siècle (baume Loubière, grotte Rolland), de lieu de recherches de trésors (Grotte Rolland, Grotte des Fées, Puits de la Chèvre d’Or), de lieu initiatique de rituels de Franc Maçonnerie au XIX° siècle (gouffre du Château des Espèces). Malgré cet historique parfois troublant, l’utilisation primordiale des cavités aura été longtemps et discrètement à vocation pastorale et laborieuse, pour de paisibles bergers et charbonniers (tout ce qui peut servir d’abri est soigneusement déblayé, nettoyé et parfois protégé d’un muret sur l’avant). La toponymie s’en retrouve une fois de plus nettement marquée.

 

En 1805, Jacques Boucher Crèvecœur de Perthes, un jeune marseillais de dix sept ans, découvre au fond de la grotte Rolland des ossements humains. Maintenant sur la piste de l’Homme préhistorique, il devient le fondateur d’une nouvelle discipline. Au cours de ce XIX° siècle, les cavités commencent à recueillir l’intérêt des sciences. En effet, la puissance du Mouvement Naturaliste avec ses multiples sociétés savantes, fait assister aux premières explorations à caractère scientifique. En 1847, les travaux de creusement du Canal de Marseille (alimentant la ville en aboutissant aux fastueuses cascades du Palais Longchamp), met à jour une série de salles féeriques sous le hameau de St- Julien les Olives près de Marseille (grotte Monnard ou Marion). Des foules de visiteurs peuvent alors assouvir leur soif de connaissance et de curiosité pour ces nouveaux mondes. L’insouciance des explorateurs de l’époque cause déjà d’irrémédiables préjudices à ces cavités par un véritable pillage des lieux (beaucoup de concrétions des grottes Monnard, Loubière, Rolland et autres se retrouvent dans les réalisations architecturales à la mode « Rocailleur ».).

 

Les archéologues passent au peigne fin le moindre abri sous roche de la région en laissant de très nombreuses références bibliographiques. Ces scientifiques à multiples facettes étudient les cavités sous tous leurs angles : géologie, flore, faune, histoire etc. et en particulier le scientifique Eugène Fournier (Les cavernes des environs de Marseille, 1897) qui débute en Provence une longue et brillante carrière. Il passe méticuleusement en revue toutes les grottes importantes du département ainsi que certaines du Var. La précision des descriptions et des topographies reste encore exemplaire et il dresse un impressionnant inventaire dans ses publications, dont le présent document n’est qu’une mise à jour. Des  géographes-excursionnistes tels Janet ou Jules Gavet (Quelques excursions dans les grottes des environs de Marseille, 1900) lui emboîtent le pas.

 

Quelques uns s’attaquent aussi aux premières verticales. En 1876 Messieurs Bouche, Verdot et Jury atteignent -36 dans le grand puits du Petit Garagai de Sainte-Victoire. E. Thieux descend le gouffre de St Cyr n°1 (-34) sur Carpiagne en 1884, et avec d’autres aventureux excursionnistes et sportifs comme Callot et Gombault, ils tentent tous trois en 1902 de toucher le fond du petit Garagai de Ste Victoire, mais sans succès. Leurs exploits restent néanmoins isolés et incompris des scientifiques. Une différence  commence à se faire sentir entre spéléistes (sportifs) et spéléologues (scientifiques).

 

Guidé par un réseau de scientifiques locaux, Edouard Alfred Martel sillonne le paysage souterrain français et bâtit dès 1888 les fondations d’une structure nationale, la Société Française de Spéléologie. Il se contente de visiter sommairement notre département en n’explorant que les Ragages de Port Miou à Cassis en 1906, dont il niera leur relation avec une rivière souterraine quelconque, et l’abîme du Grand Ventur sur les Alpilles en 1907. Il s’intéresse plus au Var avec son Canyon du Verdon, les grandes verticales de Canjuers et le Ragas de Toulon. Le rayonnement de ses explorations se fait alors étouffer par la première guerre mondiale.

 

Ces années noires démantèlent forces, énergies, structures et individus. Ce n’est qu’en 1928 que Martel, âgé, publie ses célèbres mémoires (La France ignorée). Ces puissants pionniers se retrouvent affaiblis et effacés par la relève incarnée par Robert de Joly. Entre 1920 et 1930, ce dernier révolutionne les techniques, relance l’exploration, rapproche les structures. L’activité reprend sur Aix et Marseille. On note en particulier l’activité de Philippe Bernard du groupe « Les Ecureuils » (section escalade des Excursionnistes Marseillais). Il laisse ses initiales PB au fond de nombreux gouffres, entre autres l’Escandaou et son puits de 80 m en 1929, et dans le Var celui du petit St Cassien alors profond de 25m. Au Nord du département, le Spéléo Club d’Aix, présidé par Jules Serres, autre forte personnalité, s’illustre dans les gorges du Verdon et sur Ste Victoire dès 1927 (Petit Garagai, et autres). Ce sont ensemble que Serres et Bernard ouvrent ensembles la chatière de -25 dans l’abîme de Maramoye et qu’ils réalisent de nombreuses explorations dans les Bouches du Rhône et le Var. Malheureusement, leurs objectifs sportifs, ne laissent pas de publication à la mesure de leurs travaux.

 

En 1935, un compagnon d’expédition de Robert De Joly dans les Causses, le suisse-marseillais, Emile Dujardin-Weber, forme quelques grimpeurs du C.A.F. Marseille. Les premiers gouffres verticaux sont explorés (Gorguette –57 en 1937, Logisson N°1 –80 en 1938, et premières plongées dans Port Miou avec le scaphandre autonome de Cousteau-Magnan en cours de mise au point).

 

Mais à nouveau, une deuxième guerre ralentit cette renaissance. Pendant la Résistance, les militants des Forces Libres se réfugient dans les grottes en hauteur sur tous les massifs, et y cachent parfois leurs armes (Grottes sup. des Encanaux). Le jeune curé d’Auriol, Pierre Gallocher explore en compagnie d’individuels locaux les cavités du Garlaban (Tourdre, Escaouprès), de la Ste Baume (aven des Encanaux, grottes des Infernets, gouffres de la glacière) et ceux du Var (St Cassien…).Quelques belles découvertes se font néanmoins en « zone libre » (Baume de l’Adaouste : -190, aven des Quatre Trous, aven Ménassier etc.).

 

Dès la fin de la deuxième guerre mondiale, les énergies latentes résurgent. On retrouve les mêmes structures : le Spéléo-Club d’Aix avec J. Serres, la section du CAF Marseille avec E. Dujardin-Weber, les Excurs Marseillais avec P. Bernard puis S. Rouaix et finalement l’équipe discrète du Spéléo-Club de Provence menée par Lévy (issu du SC Aix) puis Valette. L’engouement croissant fait gonfler les effectifs. Les spéléologues actifs se côtoient et pratiquent ensemble sans structure officielle tout en se rapprochent des sociétés existantes (C.A.F. et E.M.). En 1946, R. Bruni se détache du S.C. Aix pour fonder l’Association des Excurs Provençaux sur Aix, et en 1948, Dujardin-Weber crée sur Marseille une structure indépendante et ambitieuse : l’Union Française de Spéléologie. Ces mêmes spéléologues à plusieurs casquettes explorent la suite des Quatre Trous et de la Gorguette, mais la trilogie parfaitement marseillaise U.F.S.-C.A.F.-E.M. ne durera que peu. Les mêmes noms valsent entre les clubs et en 1950 les rivalités de personnes et d’éthiques créent la discorde. On assiste entre autres à la création de nouveaux clubs, à la course aux prises de dates et aux publications sur les mêmes cavités connues de tous (Rouvière, Port Miou). Mais les découvertes sont très nombreuses autant dans les Bouches du Rhône que dans le Var. Ces années sont les plus fastes pour la spéléologie régionale (GSP à la Cigalère,  2ème Aix sur Canjuers et sur Siou Blanc dans le Var, les F.A.A.J. au St Cassien et sur le Vaucluse, le S.C.M.-C.A.F. sur le Dévoluy). Conjoncture astrale ou pas, en Mai 1968 le CAF explore Castelette et le GSP la Tête du Cade dans le Var et enfin, les clubs départementaux organisent le premier congrès régional au Palais du Pharo. Décidés à effacer les vieilles rancoeurs, le comité départemental est créé dans la foulée en 1970. Les découvertes maintenant régionales se font plus rares, les spéléos locaux s’illustrent notoirement encore plus loin (G.S.P. à la Coume d’Hyouarnède dans les Pyrénées,  le CAF en Autriche).

 

L’expansion de la vie associative et de la société de loisirs se manifeste par la multiplication des clubs et de spéléologues moins longévifs. La vocation fédératrice du Comité parvient lentement à estomper certaines vieilles rivalités encore latentes. Une évolution des mentalités orientée vers une union des énergies permet vers 1980 quelques nouvelles explorations par des collectifs de clubs (grotte des Brailles, grotte du Draioun). Une évolution parallèle des techniques permet de nouvelles découvertes, en particulier par désobstruction (avens de Trione, de St Ser, avens du flanc Ouest de la Ste Baume) et surtout par plongée souterraine (aven des Encanaux, grotte du Bestouan et de Port Miou).

A l’entrée de ce nouveau siècle, il semblerait aux spéléologues actuels que rythme et quantité de découvertes aillent en diminuant. Mais ce sentiment est lié au manque de recul historique, de plus, animés de moins de publicité, les travaux locaux sont peu, mal, et tardivement publiés (malgré ses objectifs cet inventaire régularise beaucoup de découvertes). En faisant le bilan du nombre de fiches en fonction des années, on constate que ce nombre est toujours croissant. Si, sur de nombreux plans, l’extrême richesse historique de notre département semble démesurée, elle ne doit pas nous laisser occulter le potentiel de découvertes à venir. La réalisation du présent document nous fait prendre conscience du lourd patrimoine déjà existant sous nos pieds mais surtout du potentiel encore inconnu.

 

Sigles des clubs

 

Sigle

Intitulé

Commune

A.E.P.

Association des Excursionnistes Provençaux (Sports & Loisirs)

Aix en Pce

A.N. La Ciotat

Section Amitié Nature des Chantiers Navals de La Ciotat (C.N.C)

La Ciotat

A.S.L.B.

Association Sports et Loisirs du quartier de Bayanne

Istres

A.S.S.A.

Association Sportive Les Sans Abîmes

Auriol

A.S.S.E.

Association Spéléologique du Sud-Est

Aix en Pce

C.A.F .Marseille

Club Alpin Français section de Marseille

Marseille

C.A.P.A.S.

Centre d'Activités de Plein Air et de Spéléologie

Marseille

C.D.S 13

Comité Départemental de Spéléologie des Bouches du Rhône

Marseille

C.N.S.

Centre Naphtachimie Sports, section Spéléologie

Lavéra

E.M. (Les Ecureuils)

Société des Excursionnistes Marseillais

Marseille

E.d.F.

Eclaireurs de France

Aix en Pce

F.A.A.J.

Fédération Autonome des Auberges de Jeunesse

Marseille

G.E.P.S.

Groupe d'Etudes et de Plongées Souterraines

Marseille

G.E.R.S.I.

Groupe Spéléo de Recherches Souterraines d'Istres

Istres

G.P.R.S.

Groupe Phocéen de Recherches Souterraines

Marseille

G.S. Gémenos

Groupe Spéléo de Gémenos

Gémenos

G.S.E.M.

Groupe Spéléo des Excursionnistes Marseillais

Marseille

G.S.P.

Groupe Spéléologique de Provence

Marseille

G.S.Py

Groupe Spéléologique des Pyrénées

Arbas

G.S.R.D.J.

Groupe Spéléo Robert De Joly

Marseille

M.J.C. Aubagne

Maison des Jeunes et de la Culture d'Aubagne

Aubagne

M.J.C. Corderie

Maison des Jeunes et de la Culture de La Corderie

Marseille

M.J.C. Martigues

Maison des Jeunes et de la Culture de Martigues ('La Vouivre)

Martigues

M.J.C. Salon

Maison des Jeunes et de la Culture d'Aubagne

Salon

M.S.I.

Marseille Spéléo. Indépendants

Marseille

S.d.F.- II °AIX

Scouts de France, 2°section d'Aix

Aix en Pce

S.C. Aix

Spéléo-Club d'Aix

Aix en Pce

S.C. Aubagne

Spéléo-Club d'Aubagne

Aubagne

S.C. Cassis

Spéléo-Club de Cassis

Cassis

S.C. Cuges.

Spéléo-Club de Cuges les Pins

Cuges les Pins

S.C. Istres.

Spéléo-Club d'Istres

Istres

S.C. La Ciotat

Spéléo-Club de La Ciotat

La Ciotat

S.C.A.M.

Spéléo-Club de l'Aérospatiale de Marignane

Marignane

S.C.M.- C.A.F.

Spéléo-Club de Marseille, section spéléo du C.A.F. Marseille

Marseille

S.C.P.

Spéléo-Club de Provence

Marseille

S.C.P.- A.N. Marseille

Spéléo-Club Provençal, section Amitié Nature de Marseille

Marseille

S.R.D.

Spéléologie Randonnée Découverte

Allauch

S.S.E.M.

Section Spéléologique des Excursionnistes Marseillais

Marseille

U.F.S.

Union Française de Spéléologie

Marseille


PRESENTATION DE L’INVENTAIRE

 

Histoires de fichiers

 La première liste de cavités  du département fut dressée en 1897 par Eugène  Fournier dans « Les Cavernes des environs de Marseille ». Ce travail d’une remarquable rigueur référence 136 cavités dont beaucoup d’abris sous roche et quelques stations archéologiques de plein air. Les textes de descriptions sont d’une grande exactitude, néanmoins l’absence de coordonnées et de situation (justifiable pour des raisons archéologiques) est de nos jours handicapante. Certaines de ces références ont été supprimées du présent inventaire par manque d’importance (Voir contenu  de l’inventaire).

 A la fin de la guerre en 1947 et pour répondre à la Protection Civile de l’époque, un fichier est repris et complété par Emile Dujardin-Weber. Subdivisé en deux, cavités naturelles (une soixantaine) et cavités artificielles, il ne donne toujours pas de coordonnées mais des zones et des quantités de personnes à abriter. D’autres fichiers existent par la suite au sein des différents clubs (U.F.S., C.A.F., E.M., II°Aix, G.S.P.).  Plus ou moins bien tenus à jour ou dilapidés, des coordonnées commencent à y apparaître malheureusement fort peu fiables.

 Entre 1960 et 1965, le B.R.G.M. (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) entreprend une nouvelle synthèse et mise en forme d’un fichier spéléologique, incluant les sources et points d’eau connus. En effet, le boum démographique de la ville de Marseille et de ses environs justifie alors une débauche de moyens d’études et de réalisations en tous genres (l’étude et les travaux dans la rivière souterraine de Port Miou en sont un exemple). Il est vrai que deux millions d’habitants sont à ce moment là prévus pour l’an 2000 et qu’en plein exode rural nul ne peut prédire l’exode urbain actuel, ni ceux à venir.

 Entre 1970 et 1980, au nom du C.D.S.13, Raymond Monteau (G.S.P.) entreprend une nouvelle mise à jour et mise en forme. Un fichier papier sous forme de chemises est alors constitué. Chaque chemise regroupant toutes les informations connues ou retrouvées, (croquis, copies de journaux, notes griffonnées, etc.) cavité par cavité. D’utilisation peu commode, R. Monteau le met vers 1980 sous une forme dite mécanographique. Chaque fiche cartonnée contient en périphérie des cases correspondant à des informations (trois alphabets pour les trois premières lettres, profondeur par tranches de 30 m, présence de chauve-souris de circulation d’eau, etc.). Les cases valides sont alors perforées et des tiges métalliques introduites dans le boitier aux cases voulues permettent alors les sélections… Bref le progrès. Hélas, R. Monteau calme ses activités en 1980. Le fichier chemise s’éparpille et le fichier mécanographique bien ébauché tombe dans l’oubli.

 Après 1980 le regroupement sur Marseille de nombreuses références bibliographiques (dons gracieux de bibliothèques spéléologiques privées, récupération d’archives personnelles de Dujardin-Weber et de clubs) et l’apparition de l’outil informatique font se réunir pendant de nombreux week-ends une équipe de spéléologues biblio-informaticiens. Une nouvelle synthèse est alors refaite et d’innombrables nuits de saisie font naître un premier fichier informatique.

 Environ 500 cavités y sont recensées, avec fautes d’orthographe, de saisies, d’homogénéité et recopie. Seulement une centaine de cavités ont des coordonnées, souvent peu fiables et beaucoup de ces fiches semblent redondantes. Quelques années seront nécessaires pour retrouver la plupart des cavités et pour reprendre toutes les données. Mais le logiciel de base de données est un précurseur (Dataflex). Le travail reste peu convivial et délicat. Il y aura des écrasements partiels et totaux de disques durs, des nuits de désespoir… L’instauration et l’apprentissage de Windows faciliteront beaucoup les choses à partir de 1990.

  A vitesse très réduite, les fiches seront reprises une à une afin d’homogénéiser les informations. La majorité des cas difficiles seront vérifiés sur le terrain pour préciser la véracité des données et surtout des coordonnées. Mais le progrès va encore trop vite. Le temps de tout basculer d’un logiciel à l’autre, de se familiariser aux nouvelles  versions et de finaliser que tout est déjà obsolète au regard des exigences modernes (cédérom, Internet). Dans son état actuel, imparfait et très critiquable, cet inventaire aura usé de nombreux spéléologues, mais il peut maintenant servir de base de départ pour de nouvelles recherches et formes de publications.







Documents

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